Jeudi 23 août 2007
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Après les Thanatonautes, l’Empire des anges, voici Nous les Dieux et Le Souffle des Dieux. Michael Pinson, simple mortel, est parti à la découverte du continent des morts avec son ami Raoul et la bande des thanatonautes. Puis, après sa mort, il est sorti du cycle des réincarnations, est devenu ange, et a eu la responsabilité de 3 mortels, ses clients, en tant qu’ange gardien. Enfin, il est arrivé sur Aeden, où il découvre une école des dieux.
Attention, ce paragraphe casse un tout petit peu le suspens :
Les élèves dieux sont invités à participer au jeu d’Y, consistant à créer une terre (Terre 18), avec ses minéraux, ses êtres vivants, puis ses humains. Chaque élève dieu prend en main un peuple qu’il doit faire évoluer. Sous nos yeux se déroule l’histoire de l’humanité, mais ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Comme dans une téléréalité, les plus mauvais élèves sont éliminés et transformés en muettes chimères (centaures, sirènes, griffons, satyres…), pour qu’il n’en reste plus qu’un. Le décompte est un peu accéléré par un déicide qui élimine les élèves les meilleurs.
Sur Aeden, les professeurs se nomment Hermès, Demeter, Atlas, Sysyphe… Athéna joue les gardes chiourmes et Michael Pinson se fait draguer par Aphrodite. Et ne parlons pas des élèves : Mata Hari, Camille Claudel, Clément Ader, Saint Ex, Clemenceau etc.
J’ai plus accroché dans le deuxième tome, Le Souffle des Dieux. Je ne sais pas si c’est que l’intrigue prenait en consistance, ou si je commençais à m’habituer à ce drôle de concept d’école des dieux, où des êtres qui sont censés avoir atteint un niveau de conscience super élevé sont traités – et se comportent plus ou moins- comme des gamins d’école maternelle. Je pense que c’est le style de Werber qui donne cette impression, parce qu’en réalité, je ne trouve pas d’incohérence flagrante.
L’intrigue, selon la méthode chère à Bernard, est truffée de passage de l’Encyclopédie du savoir absolu et relatif, recueil de « toutes » les connaissances humaines rédigé par l’un des personnages du roman, Edmond Wells, qui était déjà présent dans la trilogie des Fourmis (comme quoi tout se recoupe. Quel brio !). Je tire mon chapeau à cette méthode d’écriture, à toutes ces connaissances vulgarisées qu’il nous livre sur un plateau, et à cette cosmogonie et cette théorie de la vie après la mort qu’il a réussi à ficeler avec talent. L’intrigue, il faut être honnête, est très prenante, on est même parfois fortement tenté de sauter les passages de l’Encyclopédie qui interrompe régulièrement l’action… Mais franchement, cette manière d’écrire comme s’il s’adressait à des débiles profonds – j’exagère ? - c’est pénible… bien sûr, je suis peut-être un peu trop exigeante, et il a le mérite de la vulgarisation que je ne lui reprocherais sûrement pas, mais n’empêche qu’il manque à son roman cette ambiance, ce décor qui font qu’on est vraiment transporté dans un roman. Il décrit peu, et en tous cas, sans laisser ni mystère, ni indices à partir desquels l’imagination pourrait extrapoler, les dialogues, la plupart du temps, me semblent assez peu réalistes et trop « scolaires », et il me semble qu’il manque des respirations, qui donnerait un rythme vivant et donc un peu de réalité à tout cela. Néanmoins, dans Le Souffle des Dieux, tout cela s’améliore beaucoup, surtout vers la fin.
Bien sûr, tous ses commentaires n’engagent que moi, je peux comprendre qu’on n’est pas le même point de vue sur son style.
Au bout du compte, malgré ces réserves (j’ai presque tout lu de Werber, le style n’est donc pas rédhibitoire !), je recommande Werber en général, la trilogie des Fourmis, les Thanatonautes et le Souffle des Dieux en particulier.