"une certaine fragilité qui a pris sa vitesse de croisière"
Michel Serrault, dans Nelly et Monsieur Arnaud
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"Le bonheur est un ange au visage grave" Modigliani
Vous venez d'attérir sur un BLAC ( blog littéraire, artistique et cinématographique)
dont l'expansion actuellement limitée n'empêche pas l'exploration...
" Visages de la rue, quelle phrase indécise
Ecrivez-vous ainsi pour toujours l'effacer
Et faut-il que toujours soit à recommencer
Ce que vous essayer de dire ou de mieux dire ? "
SUPERVIELLE, Les Amis inconnus
"une certaine fragilité qui a pris sa vitesse de croisière"
Michel Serrault, dans Nelly et Monsieur Arnaud
"Ne cherche pas dans l'océan ce que tu peux trouver dans une goutte d'eau"
Anne-Sophie Salaün
Le Cercle Fermé de Jonathan Coe est la suite de Bienvenue au club. On y retrouve les mêmes personnages, qui dans les années
Sur le conseil avisé de Niko, on peut lire ici, une interview très éclairante de Jonathan COE.
A propos d’engagement – associatif et culturel ici, je signale qu’il existe sur Paris une fête de la danse, au même titre que la fête de la musique, dont c’était cette année la quatrième édition, à Paris. A cette occasion, l’association Mouvance d’art organise toute une journée de spectacles gratuits, en plein air, donnés par des compagnies de danseurs professionnels ou amateurs, dans tous les genres imaginables. Cet événement s’appelle « Entrez dans la Danse », il a eu lieu le 3 juin, et ne demande qu’à essaimer dans toute la France. Avis aux amateurs pour l’année prochaine, et aux bénévoles (on rencontre des danseurs, on voit des spectacles supers, franchement ça vaut le coup !), qui voudraient rendre plus populaire cet art merveilleux…
Dans Les nouveaux maîtres du monde (2002), Jean Ziegler, citoyen du monde, dénonce les « seigneurs » du « capitalisme de la jungle », leurs intérêts égoïstes, les millions d’hommes, femmes et enfants qu’ils mettent, par leur choix, leur stratégie impitoyable de libéralisation du monde, dans des situations de souffrance extrême, par manque de nourriture, d’eau potable, de logement, de travail, de sécurité, de reconnaissance, de dignité…
Ses affirmations me semblent parfois un peu manichéennes. Pourtant, il est Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation et a par conséquent des exemples concrets à proposer à l’appui de ses propositions. Et surtout, j’ai été étonné de sa convergence de vue avec Jacques Attali, dont je lisais dernièrement la Brève histoire de l’avenir. Tous deux, après avoir montré l’organisation terriblement efficace de ces quelques uns qui maîtrisent l’économie de la planète, et par conséquent (et ça, c’est quand même complètement dingue quand on y pense), son avenir politique, social et écologique. Tout son avenir ? non, un petit village résiste encore à l’envahisseur…L’un et l’autre montrent que la résistance, « la nouvelle société civile planétaire » pour Jean Ziegler, les acteurs de l’« hyperdémocratie » pour Jacques Attali, sont déjà à l’œuvre. Les ONG, associations, organisations solidaires, et tous les citoyens conscients des enjeux du futur forment ce front.
Dans l’un et l’autre livre, j’ai commencé par trouver que c’était « trop gros » pour être vrai. Et puis, au fur et à mesure je me rendais compte (en partie), que leurs propositions répondaient à des intuitions.
Jean Ziegler, dénonce la légitimation de la misère, des inégalités démesurées, etc., par une sorte de fatalité ou de loi naturelle, qui voudrait qu’il n’y ait pas d’autre solution, pour s’en sortir, que d’aller dans le sens d’un capitalisme de plus en plus libéralisé. Dans les Dépossédés aussi, Robert Mc Lian Wilson, qui avait enquêté sur la pauvreté dans la Grande-Bretagne de Thatcher, dénonce cette « fatalité » de la pauvreté vue comme revers inévitable de la réussite économique. Il dénonce aussi la théorie du « ruissellement » (trickle down theory), consistant à croire que la richesse et la réussite des riches « ruissellent » vers les pauvres quand les premiers ne savent plus que faire de leur argent, qu’ils ont assez accumulé, et qu’ils donnent aux pauvres. Ben voyons ! Le tableau qu’il brosse des quartiers pauvres est digne de bidonvilles, le froid, et le statut de plus grand pays du monde en plus…
Quand on devient « grand », on prend conscience de ces enjeux comme étant ceux de son monde à soi, et pas comme de problèmes d’ « adultes ». Ca donne envie de se bouger, vraiment…
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