Si vous n'habitez pas Paris (ce qui paraît difficilement concevable, mais, après tout, est possible, si si ), vous êtes peut-être épargnés... quelle chance vous avez !! J'ai décidé de lancer une pétition contre ces envahisseurs pollués et polluants.
C'est pour leur bien, je vous assure. Ils seraient bien mieux à la campagne, à roucouler dans les arbres sans gêner personne. Alors qu'ici à Paris... Entre eux et moi, la guerre est déclarée. Les batailles se succèdent sans que personne n'ait encore remporté une victoire décisive. Et il faut quand même préciser à ma décharge, qu'ils ont une nette supériorité numérique ! Eux ont l'arme psychologique, moi la protection de la technologie moderne.
Du coup : ils roucoulent sous ma fenêtre, je la leur ferme au nez; ils se pavanent devant mon banc, je leur balance un magazine à la tête; ils se précipitent sur moi en escadron pour me voler mon sandwich, je le range dans mon sac... Je vous dit, c'est une violente bataille de tous les instants. Ce sera eux ou moi... Je reconnais qu'ils sont plus audacieux, et que mes opérations militaires consistent la plupart du temps à parer leurs attaques. Mais ils m'arrivent aussi de leur courir dessus sans raison dans la rue.
La pire attaque que j'ai eue à affronter eut lieu un jour d'automne. Mais ceci est une autre histoire, qui vous sera narrée au prochain épisode...
Par emliochka
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"Bergère ô tour Eiffel, le troupeau des ponts bêle ce matin" (Apollinaire, Zones). Emliochka, pauvre de toi, les troupeaux de pigeons te harcèlent ce matin... Malheureusement, non, la guerre n'est pas encore finie. Comment finira-t-elle d'ailleurs ? " A la fin tu es las de ce monde ancien" (Apollinaire Zones). A la fin je suis las de cette guerre sans fin... Mais ces troupeaux de pigeons dans les frais gazons du bois de Vincennes, comment les voir sans frissonner ? Comme une grossièreté dans la bouche d'une jolie demoiselle, comme un rasoir dans ma soupe ou comme un caillou dans l'assiette de lentilles, comme un souci au front de l'être aimé, comme une fausse note sous les doigts d'un virtuose - ça brise votre rire en mille éclats de verre.
Par emliochka
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Les pigeons ont cette fois opté pour les méthodes de la guerre psychologique : quand l'un décolle en rase mottes et me frôle de l'aile dans un bruit assourdissant, l'autre fait le malheureux blessé pour mieux me couper la route, en pleine forme, quelques instants plus tard. Sans parler de leur fameuse botte secrète : le décollage soudain d'un "paisible" troupeau de ces énergumènes, quand on s'y attend le moins.
Par emliochka
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Drôle d'idée qu'a eu ce pigeon ramier de vouloir s'abreuver dans la piscine. Il a du avoir la nostalgie de ces images d'Epinal, sur lesquelles de belles colombes blanches s'abreuvent à une petite fontaine encore plus blanche, en style classique du kitsch le plus insipide. Dans Blanche-neige par exemple. Ou bien tout simplement du vieux rite animal consistant à venir boire à la tombée du jour (car c'était la tombée du jour), au bord d'un vaste point d'eau. Comme dans le Roi Lion où tous les animaux côte à côte (comme si c'était possible !!!) lèvent soudain la tête à l'annonce de la grande nouvelle de la venue au monde de Simba. (soyons clair, ce n'est que pur hasard si les deux références sont de Walt Disney...)
Bref, toujours est-il que ce brave pigeon ("brave", au sens de "il est bien brave" car côté courage, le sien ressemblait plutôt à de l'intrépidité stupide et inconsciente) a fait tout le tour de la piscine avant de s'apercevoir, enfin, que 20 cm c'était un peu long pour son cou, qui lui, en fait 5 en développé couché.
Il faut reconnaître à sa décharge qu'il s'est abstenu de se noyer dans la piscine, ce qui aurait été assez ennuyeux, convenons-en, et même de faire une petite crotte sur le rebord.
On n'a pas fini
Par emliochka
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