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" Visages de la rue, quelle phrase indécise

Ecrivez-vous ainsi pour toujours l'effacer

Et faut-il que toujours soit à recommencer

Ce que vous essayer de dire ou de mieux dire ? "

SUPERVIELLE, Les Amis inconnus

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poésie et citations

Mardi 9 mai 2006

Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog...  J'essaierai de vous offrir, dans mes petites bulles de temps libre, des vers, des idées de lecture, des petites pépites littéraires glanées ça et là, tous mes petits coups de coeur artistiques et quelques réflexions personnelles mais en n'oubliant pas que ... "c'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde" Boris VIAN. ...alors je ne sais pas si je suis instruite ( car on l'est vraiment quand on sait qu'on ne sait rien, comme Socrate; oups, pardon, ça commence...) mais j'essaierai de ne pas être trop ch... Trève de bavardage, et pour entrer en matière, quelques vers de Jules SUPERVIELLE, dans "le Forçat innocent". :

" Visages de la rue, quelle phrase indécise 

 Ecrivez-vous ainsi pour toujours l'effacer 

 Et faut-il que toujours soit à recommencer 

 Ce que vous essayer de dire ou de mieux dire ?"

 ... spécial dédicace à vous tous, visages de la rue virtuelle, la rue la plus cosmopolite de tous les temps ...

Par emliochka
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Lundi 15 mai 2006

Toujours recommencer. Défaire dans ton sommeil ce que des doigts agiles tissèrent pendant le jour. Toujours recommencer. Refaire en chaque journée le voyage de ta vie. Toujours recommencer. Réinventer encore, le monde et le cosmos. Toujours recommencer. Une opportunité, de toujours s'élever. Toujours recommencer. Car quand Ulysse revient, rien n'est plus comme avant. Tout est recommencé.

Par emliochka
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Mercredi 5 juillet 2006

 

Voici un haïku japonais classique de Hokushi :

"Tout a brûlé

heureusement, les fleurs

avaient achevé de fleurir"

Le haïku, forme poétique japonaise en trois vers, 17 syllabes, est un fragment de vie, une description concrète. Cette attention à la vie dans sa quotidienneté, ses détails, son insignifiance apparente, participe de sa beauté. Mais à travers ces mots tout simples, on peut trouver de belles métaphores. Ici par exemple, il pourrait s'agir d'une invitation à accepter la mort si son temps sur terre était fini, ou une sorte de carpe diem. Mais les interprétations sont probablement personnelles et cela en fait tout le charme...

Par emliochka
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Mardi 18 juillet 2006

Supervielle est un poète du 20ème s., à la fois argentin et français, orphelin.

Il a écrit entre autres Les Amis inconnus et Le Forçat innocent.

Supervielle utilise des mots simples et parle des choses qui nous sont familières.

Pourtant, en lisant ses poèmes, on ne voit plus ces choses comme avant. En effet, le poète a la capacité de libérer le monde du regard utilitaire des hommes. Le poète cotoie alors le vertige : l'étrangeté originelle des choses du monde. Le poète, alors, trouve un chemin pour réapprivoiser le monde, et nous revenons à ce qui nous entoure et à nous-mêmes avec un nouveau regard. Le poème a ouvert en nous de nouveaux espaces de bonheur, d'expérience, de curiosité.

"Faire place" in Les Amis inconnus, Jules Supervielle

"Disparais un instant, fais place au paysage

Le jardin sera beau  comme avant le déluge,

Sans hommes, le cactus redevient végétal,

Et tu n'as rien à voir aux racines qui cherchent

Ce qui t'échappera, même les yeux fermés.

Laisse l'herbe pousser en dehors de ton soge

Et puis tu reviendras voir ce qui s'est passé"

Ce poème nous rappelle l'histoire, relatée par Sartre, de la petite fille qui voulait voir  de ses yeux la vie propre de son jardin quand elle n'était pas là : elle faisait mine de partir et se retournait brusquement, mais chaque fois que ses yeux se posaient sur ce petit univers, il s'était à nouveau figé sous son regard... Le regard de l'observateur est rarement anodin et neutre, comme l'a appris la physique moderne.

Par emliochka
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Vendredi 21 juillet 2006

Une simple citation de L'Alchimiste de Paolo Coelho :

"Mon coeur craint de souffrir dit le jeune homme à l'alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune.

- Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même et qu'aucun homme n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves".

Cela me rappelle un court poème dans le métro (concours ratp), dont je ne me rappelle malheureusement plus l'auteur :

"il n'est pas de désert si vaste que ne puisse traverser celui que porte la musique des étoiles".

Des références sur la peur, il y en a des pelletés :

Ce qui me vient à l'esprit : dans le film Dune, le jeune homme, Paul, l'élu, appelle la peur "la petite mort" et résiste à l'épreuve de la boîte : il ressent sa main en train de brûler dans la boîte. Il ne cède pourtant pas à la peur (et à la souffrance!) et s'aperçoit ... que sa main est intacte.

Et aussi la définition d'un prof de théâtre : la trouille, c'est la peur de la peur. La peur, c'est positif, c'est ce qui fait jaillir l'émotion, la surprise, le désir.

Je ne me lancerai pas (car ne les connais pas assez) dans les thèses de Platon/ Socrate sur les peurs, désirs et passions qui affectent le corps empêchant l'âme de s'élever et d'atteindre la connaissance du vrai...

Par emliochka
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