ô ...

" Visages de la rue, quelle phrase indécise

Ecrivez-vous ainsi pour toujours l'effacer

Et faut-il que toujours soit à recommencer

Ce que vous essayer de dire ou de mieux dire ? "

SUPERVIELLE, Les Amis inconnus

visites visuelles

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art et littérature

Mercredi 10 mai 2006

Pour redorer le blason des plumes et de ceux qui les portent, allez voir et écouter ce texte de Nougaro "plume d'ange" (http://www.paroles.net/chansons/20222.htm). c'est une histoire très poétique et surprenante, un ange qui visite un homme et lui laisse une plume, une plume qui pourra sauver le monde si au moins une personne admet qu'elle est angélique. Et encore à propos d'ange, je suis tombée récemment sur un petit roman de Jostein Gaarden, "de l'autre côté du miroir", qui parle d'une petite fille malade visitée par un ange. j'en profite pour vous dire de lire a-bso-lu-ment "Le mystère de la patience", du même auteur. c'est un livre qui risque de vous faire passer un très très bon moment !

légende : "petite fille en bleu" de Amedeo MODIGLIANI.

Par emliochka
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Vendredi 12 mai 2006
"l'amour, l'humour et l'art", a répondu Bernard Weber (cf "les fourmis"). Je trouve que c'est une bonne définition... j'ai beau chercher, je ne vois pas ce qu'on pourrait ajouter qui nous soit absolument spécifique et ne concerne pas déjà l'amour, l'art, ou l'humour. Si vous n'avez pas lu "les fourmis", allez-y et tant qu'à faire, enchaînez sur la série des "thanatonautes". Ok, le style n'est pas flamboyant et même un peu journalistique (avec tout mon respect pour nos chers gratte papiers..), mais il ouvre plein de perspectives ...
Par emliochka
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Dimanche 25 juin 2006

 Paul Auster, je viens de le découvrir avec Moon Palace et je continue mon exploration en version originale (très abordable, ce n'est pas du Shakespeare !) avec le Léviathan.

Cet auteur américain contemporain, prolifique, vous fera passer un agréable moment de détente, de réflexion et d'ouverture d'esprit, si vous aimez la description de personnages très orginaux, un peu marginaux, si vous aimez les esquisses de romans dans le roman, si vous aimez la psychologie fine, si vous aimez les imaginaires très développés et les cascades d'événements, toujours amenés avec un grand à propos (cf genette), les histoires d'amour absolu,  les recherches d'identité.

En bref, si vous vous aimez plongez dans les abysses de la complexité humaine et vous prendre à rêver de rencontrer un des ses personnages éminemment passionants, ayant tout un univers bien à eux, un univers qui enchante le monde, même au plus profond de leur désespoir, en le rendant plus humain...Un univers, des manières de penser loin du conformisme et du prêt à penser tarte-à-la-crème café-du-commerce et lieu-commun.

Par emliochka
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Samedi 1 juillet 2006

Sa peinture est certes "exotique". Elle représente une fuite vers les lointains et un retour à l'enfance, au ludique (voir "les footballeurs") mais aussi aux cauchemars de l'enfant (voir "surprises"), avec parfois le retour du sublime, grande notion du 18ème s., c'est-à-dire l'admiration de la beauté de la nature mais surtout la frayeur devant sa puissance infinie. Mais il s'agit d'une nature fantasmée : le douanier Rousseau, gardien de l'octroi, na jamais voyagé et s'est inspiré des petits illustrés et des animaux empaillés du jardin des plantes. A vrai dire, la mimesis n'a pour lui pas grande importance. A l'heure de la photographie et bientôt du cinéma, est réaffirmée avec force le caractère conventionnel de la peinture. Au débat de l'époque : le plus important est-ce ce qui est réprésenté ou comment est-ce réprésenté, Rousseau répond : comment. Contre la géométrisation impersonnelle du monde par la révolution industrielle et son appropriation violente par le colonialisme, il s'agit de protéger la nature (thème de l'art nouveau) et de réenchanter le monde. Alors que les impressionistes poétisent la ville (voir par ex "la gare saint Lazare" de Monet), Rousseau fuit vers les lointains. Et plutôt que de s'approprier son âme, il respecte la nature en n'en faisant pas une représentation mimétique mais en la faisant passer à travers son imaginaire. A plusieurs reprises revient le thème orphique : la femme (car contrairement à l'homme, elle reste liée et proche de la nature) peut apaiser la nature et lui rendre son harmonie par sa musique. La nature est violente magré sa générosité : le tigre dévore le cheval et le buffle, l'ours attaque l'indigène, la végétation est étouffante. C'est pourquoi la femme orphique permet à l'homme d'y  retrouver une place harmonieuse.

Par emliochka
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Vendredi 7 juillet 2006

Testé pour vous ! Il ne semble pas encore tout à fait achevé, du moins son parc d'accès. Mais le musée lui-même est au point. On y accède par une légère côte serpentant autour d'un axe central vitré dans lequel est entreposée la partie de la collection qui n'est pas dans les vitrines du musée. Le long de ce couloir, des photos, des phrases projetées sur le sol, en rapport avec la marche, l'autre, l'infini.

On arrive ensuite à l'espace collections permanentes. Avec un matériau ressemblant vaguement à du caoutchouc rigide marron clair, les murs imitent plus ou moins des parois de cases africaines. Le parcours décrit une sorte de parabole, partant de l'Océanie pour arriver aux Amérendiens, en passant par les divers continents. Quelques explications ça et là, les indications essentielles sous les objets et de petites  vidéos sur des thèmes anthropologiques.

L'aspect sociologique, philosophique et anthropologique mériterait d'être approfondi avec une visite conférence (6 euros en plus du billet d'entrée), mais l'intérêt architectural, artistique, esthétique serait presque suffisant en lui-même. Bien sûr, la première fois, l'on est vite noyé sous le nombre de magnifiques objets présentés dans ce musée, mais le pass permet de revenir fréquemment, avec, par exemple, un carnet à dessin sous le bras. (information pratique : le pass jeune n'est disponible qu'à partir du 15 juillet, il en va probablement de même pour les autres pass).

Ce fut en tous cas un beau voyage dans d'autres cultures, d'autres civilisations, d'autres époques et d'autres imaginaires. Et un voyage fabuleux dans mon imaginaire stimulé, voire emballé, par ces beaux fragments d'esprit humain projetés dans la matière.

Par emliochka
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