ô ...

" Visages de la rue, quelle phrase indécise

Ecrivez-vous ainsi pour toujours l'effacer

Et faut-il que toujours soit à recommencer

Ce que vous essayer de dire ou de mieux dire ? "

SUPERVIELLE, Les Amis inconnus

visites visuelles

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cinéma et spectacles

Samedi 24 juin 2006 6 24 /06 /2006 13:15

   C, R, A, Z, Y, ce sont les initiales des 5 garçons qui composent cette famille de banlieue québécoise. Le film commence le 25 décembre 1960, avec la naissance de Zac, le quatrième enfant, dont on suit plus particulièrement l'histoire, jusqu'à ses 20 ans.

Sa formidable mère, très chrétienne, s'est mise en tête que son fils avait des dons de guérisseur. Son père reste dubitatif.  Son fils est pour lui un musicien. Qui est-il vraiment ? Zac cherche à répondre à cette question tout au long du film, et fuit ses tendances homosexuelles pour ne pas perdre l'affection de son père.

Cette touchante famille ordinaire passe à travers deux décennies dont l'ambiance est reconstituée à merveille, avec l'aide entre autres d'une BO soignée, et d'effets de style (ralenti par exemple) bien dosés par jean-Marc Vallée.

De la finesse, de la fantaisie, de la gravité, de la tristese et du rire, de l'amour et de la haine, de la drogue et des sentiments religieux, des départs et des retrouvailles, et un délicieux  petit accent québécois, font de ce film un petit chef-d'oeuvre (sorti en 2005 et vu par plus d'un québécois sur 8 !!). Il a d'ailleurs remporté une moisson de prix.

Par emliochka - Publié dans : cinéma et spectacles
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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /2006 13:54

 Une mise en scène de Denis Podalydès, des costumes de Christian Lacroix, un oeuve fameuse jouée dans la salle richelieu de la comédie française, on s'attendait à un belle pièce : et l'on n'est pas déçus !

Des décors (Eric Ruf) esthétiquement agréables à regarder, d'époque mais originaux, la scène de représentation théâtrale servie par une vidéo, des gouttes de sang représentées par des confettis : l'accent est mis sur le thème de la représentation théâtrale et de l'illusion.

Mais bien entendu Cyrano est au coeur de la pièce. Cyrano l'héroïque,  le beau parleur, celui de la célèbre tirade du nez, certes, mais surtout Cyrano le poète, le laid, celui qui ouvre le coeur de la belle et fait éclore des baisers cueillis par le jeune soldat. Celui à qui la mère n'a pas donné d'amour, qui n'a pas eu de soeur et qui avoue à Roxanne, au moment de mourir que grâce à elle, "une robe a passé dans [sa] vie". Cyrano, on l'aime pour son âme. Les émotions sont palpables à tous moments dans cette pièce, malgré les fanfaronnades et pantalonnades, et au-delà de la fantaisie et de l'imagination de Cyrano, qui décrit par exemple au comte différents moyens pour atteindre la lune pendant que sa cousine Roxane épouse Christian.

Comment peut-on connaître quelqu'un, se demande-t-on? Qui aime-t-on et pourquoi ? Il est bien sûr imposible de dissocier l'enveloppe extérieure, le corps par lequel nous sommes au monde, et l'âme. Mais que penser des enveloppes charnelles repoussantes qui  dissimulent une resplendissante beauté intérieure? Comment empêcher les êtres humains de juger de l'intéreur par l'extérieur ? Souvenons-nous des assertions racistes des esclavagistes selon lesquelles un corps noir ne pouvait que révéler une âme souillée, ou encore du système pseudo-scientifique d'analyse du caractère par la forme du crâne et la physionomie qui avait eu cours au temps de l'affaire dreyfus. On pense alors à la tirade d'Alcibiade dans Le Banquet de Platon : il décrit Socrate sous les traits des silènes, ces petites boîtes sur lesquelles sont représentées d'hideux personnages mais qui renferment de précieuses matières en leur sein.    

Finalement, tout est probablement dans la manière d'habiter son corps, et dans la manière du corps d'habiter le monde.  but easier said than done...

Par emliochka - Publié dans : cinéma et spectacles
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Mercredi 28 juin 2006 3 28 /06 /2006 11:19

Paris je t'aime, ce sont 18 courts métrages de 5 minutes, sur le thème de l'amour et chacun se déroulant dans un quartier de paris.

Chaque réalisateur nous livre donc une petite histoire originale. Les avis sont parfois partagés sur certaines d'entre elles, mais en tous les cas, on ne s'ennuie pas une minute. On reconnaît parfois fort bien la patte de tel ou tel réalisateur comme les frères Cohen ou Sylvain Chomet.

Les histoires restent en suspens, pour le meilleur souvent, que la fin envisagée soit heureuse ou plus triste, mais laissent parfois un goût d'inachevé.

La plus originale et poétique est à mon goût celle de Sylvain Chomet : un petit garçon qui narre la rencontre de ses parents, des parents peu ordinaires. mais le court métrage filmé dans le quatorzième vaut aussi son pesant d'or, car cette américaine m'a semblé plus vraie que nature.

C'est donc un très bon moment que l'on peut passer : on apprécie la qualité technique, la ballade dans Paris, le jeu de bon acteurs, l'inventivité. On se retrouve plus ou moins dans ces petites scènes de vie, mais on se prend en tous cas à rêver et à inventer la suite de ces histoires...

Par emliochka - Publié dans : cinéma et spectacles
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /2006 12:31

  Emmanuel Mouret est un réalisateur et un acteur, qui a déjà réalisé entre autres Promène toi donc tout nu et Laissons Lucie faire. Dans Changement d'adresse, il joue David, un cornetiste d'une trentaine d'années, un peu timide, qui tombe amoureux de sa jeune élève de 19 ans, Julia, étudiante sérieuse au visage mélancolique. Sa colocataire, Anne, belle blonde rigolote, avec qui la complicité se poursuit jusque dans le lit sans aller au-delà de l'amitié, le conseille et l'encourage.

Ce qui pourrait sembler une commune comédie sentimentale : A aime B qui aime C qui aime D... est en fait plus subtil. Les sentiments sont fluctuants, comme dans la vie, les relations ambigües tout en restant légères. Chacun des personnages semble caricatural (le jeune homme timide et naïf, la blonde pétillante, l'étudiante réservée qui se livre tout d'un coup au grand amour, le beau parleur ) et pourtant, au cours du film, on s'aperçoit de leur justesse. La fantaisie de cette comédie est au service de la profondeur des sentiments.

Quand David déclare à Anne qu'il a le coeur brisé et devrait être malheureux, mais ne sent rien pour le moment, "tout en ne se faisant pas de souci, ça va venir", elle lui répond : "peut-être que tu t'es trompé de continent. Comme Christophe Colomb, tu crois être en Inde alors que tu es en Amérique...". Alors qu'il croit vivre un terrible chagrin d'amour, c'est en fait l'opportunité de vivre une belle histoire avec la femme pour laquelle son coeur battait peut-être depuis le début sans qu'il se l'avoue. Thème classique de l'événement imprévu qui bouleverse sa vie ou ses sentiments et permet de se retrouver en vérité. Pourtant, l'happy end garde un petit goût amère qui donne toute sa saveur à cette comédie ...

Par emliochka - Publié dans : cinéma et spectacles
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Mardi 4 juillet 2006 2 04 /07 /2006 11:28

  Pour commencer, il faut prévenir les âmes sensibles qu'en moyenne, on peut compter un mort toutes les 6 minutes, même si ce n'est qu'une moyenne, car les cadavres sont concentrés... hum... Mais ce n'est pas pour autant un film sordide : dur, oui, mais plein d'humour.  L'histoire est celle du jeune, beau et malchanceux Slevin, qui, après avoir perdu son job, son appartement, sa copine, arrive à New York pour voir un copain, se fait agresser et voler son portefeuille. Puis, pris pour ce copain, qui a disparu, il se retrouve au coeur de la guerre que se livrent deux gangs new-yorkais : le Boss, noir, et le Rabbin (parce qu'il est rabbin). Le Slevin en question est bien dans la panade (il doit tuer le fils du Rabbin et doit à celui-ci 33 milles dollars), mais son état "d'ataraxie" lui permet d'aller dîner le soir même avec sa jolie, légère et drôle voisine de pallier...

On ne s'ennuie pas, on rit beaucoup, on est souvent surpris, voir un peu horrifié, c'est vrai, par les cadavres qui jonchent le film. Josh Hartnett campe à merveille un Slevin attendrissant, au sang froid désinvolte à toute épreuve, et Bruce Willis ... est fidèle à lui-même, ombre planant sur tout le film.

Vous connaissez le New York City Shuffle ? Vous regardez à droite, ça tombe à gauche...

Par emliochka - Publié dans : cinéma et spectacles
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