Les théories qui entourent ces édifices monumentaux sont passionantes, dans la mesure où elles révèlent les représentations que ces sociétés humaines anciennes avaient d'elles-mêmes.
En effet, les tumulus et les alignement de menhirs révèlent une connaissance très précise des cycles de la lune et du soleil. Le soleil décale chaque jour un peu plus l'endroit où il se lève. De même pour la lune, sauf que le cycle de la lune ne dure qu'un mois. Et il apparaît que les ouvertures dans les tumulus soient prévues pour que la lumière de la lune, quand celle-ci est à son point le plus autral, puisse pénétrer jusqu'à la chambre mortuaire.
Il semblerait que, comme dans les sociétés premières qui subsistent aujourd'hui, en Australie par exemple, la lune ait d'abord eu la plus grande importance. La lune était associée à la femme, et le soleil à l'homme et les deux sexes vivaient en harmonie. Les hommes allaient à la chasse, la nuit, guidés par la lune, et les femmes se chargaient du reste.
Mais à la fin de l'ère glaciaire, le gros gibier qui faisait l'essentiel de la subsistance de ces tribus s'est raréfié ou a disparu. Les hommes ont alors du se sédentariser et se consacrer à l'agriculture. Il semblerait que ce changement n'ait pas été un progrès pour les populations de l'époque. Non seulement le travail de la terre, aride, était extrêmement pénible, mais en plus, les récoltes étaient maigres et aléatoires. De plus, la notion de propriété est alors apparue, et de là la rivalité et les conflits de pouvoir. Pour certains chercheurs, les menhirs seraient des représentations phaliques destinées à affirmer la puissance de telle tribu et afirmer la posession de son territoire.
En tous cas, la lune a alors perdu de son importance au profit du soleil, indispensable à la culture.
Certaines thèses avancent alors que les édifices comme Stonehenge, en Angleterre (voir la photo qui en présente une reconstitution dans son état primitif), qui ont necessité, comme les pyramides d'Egypte, une vision d'ensemble et une main-d'oeuvre disponible et motivée, avaient en quelque sorte pour objectif de redonner du sens à ce nouveau mode de vie. A Stonehenge notamment, les ouvertures pratiquées par la disposition des pierres laissent passer la lumière du soleil couchant au solstice d'hiver pour l'une et la lumière de la lune dans l'une de ses positions extrêmes pour l'autre. Or, puisque la lune passe dans cette ouverture tous les mois, contre tous les ans pour le soleil et que l'ouverture où passe la lumière de la lune est juste au-dessus de celle où passe la lumière du soleil, les chercheurs en concluent qu'ils s'agissaient de réaffirmer l'importance de la lune et de redonner un sens au présent en réinvestissant le passé où l'astre nocturne guidaient les hommes chasseurs.
