Dimanche 30 juillet 2006
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A ceux qui ont visité le chateau mais l'ont trouvé indéchiffrable ou trop vaste, nous disons prenez un guide. Le nôtre l'a bien martelé : ce chateau ne se lit qu'à la lumière de sa véritable fonction : symbolique.
Sa construction, mandée par François 1er, débuta en 1519 et ne fut achevée que sous Louis 14. Ce chateau titanesque était le reflet du pouvoir absolu et atteint son but aurprès de Charles Quint lui-même qui resta ébahi devant le faste de cette demeure dont il ne connaissait aucun exemple par toute l'Europe. La fondation pris à elle seule 4 ans.
Le bâtiment principal, appelé le donjon, se compose d'un bâtiment carré et de quatre tours. Le modèle architectural est basé sur cette combinaison de carrés et de cerles, représentant respectivement la terre et le ciel. L'édifice carré est composé d'une croix grecque, au centre de laquelle se tient l'escalier à double révolution de Léonard de Vinci (mort avant le début du chantier). chaque branche de la croix est un vestibule donnant par trois portes sur l'extérieur. Ces quatre facades dont aucune n'est prépondérante, donnent sur "les quatre coins du monde" et les douze portes (trois par façades) symbolisent les douze portes de la Jérusalem celeste. Aux quatre coins du bâtiment, desservant les appartements carrés découpés par la croix grecque, se trouvent quatre escaliers "fond en comble". Mais l'escalier d'apparat est bien sûr l'escalier central qui permet de monter vers le ciel, ciel qui semble presque atteint par la coupole surmontée d'une fleur de lys, symbole du pouvoir royal. Le roi, lieutenant de Dieu sur Terre, et presqu'aussi important que lui. D'ailleurs, le bâtiment qui encadre le "donjon" comporte deux ailes tout à fait égales en dimensions et fastes dont l'une représente le pouvoir royal (les appartements du roi) et l'autre le pouvoir de Dieu (la chapelle) : l'un et l'autre sont donc mis sur un pied d'égalité.
Ce chateau fut très peu habité. A l'époque de François 1er, la cour était encore mobile et se déplaçait avec tout son mobilier (d'où le terme) d'un chateau à l'autre. Les pièces étaient donc nues, et les gens du roi installaient tapisseries au mur ( elles n'étaient que mobilier mural et donc tableau ou oeuvres d'art comme aujourd'hui), couche du roi (et des nobles qui lui tenaient chaud) le soir, trétaux dans la journée. Le centre de la pièce restait vide.
Bienheureux étaient d'ailleurs ceux qui logeaient dans les bâtiments, même un ambasseur se contentait souvent d'une couche à la belle étoile ou sous une tente.
Le chateau ne fut réhabilité et rénové qu'en 1850, ce qui necessita des travaux considérables. L'Etat, qui en est propriétaire depuis 1932, cherche à s'en désengager. Selon notre guide, il faudrait réhabiliter et louer l'un des appartements carrés du chateau, ce qui est interdit par la charte de Venise signée par la France, qui stipule que les monuments historiques doivent être préservés dans leur état d'origine.
Petite anecdote sur François 1er, qui permet de comprendre ce projet assez pharaonique : non seulement il mesurait 1,97 mètres pour 100 kilos (un véritable record pour l'époque) mais aussi, après que les grands életeurs d'Allemagne ont déclaré (à coups de pots de vin) Charles Quint empereur et non pas lui, il continua cependant à orner ses effigies des deux couronnes, la courronne de roi de France et la courronne impériale. La salamandre symbolise le pouvoir sur le feu donc sur les hommes et sur le monde. La devise : "je m'en nourris et je l'éteins" est lié au pouvoir qu'on lui attribue d'éteindre les mauvais feux et d'attiser les bons. Pour comprendre pourquoi la salamandre est devenu l'emblême de François 1er, il faut se pencher sur la vie de François d'Assise qui est en quelque sorte le patron que sa mère lui a donné ...