Juste pour rire...
Cette fois-ci, je ne me mouille pas, je vous communique cet extrait d'une chronique de François Gorin pour télérama, parce qu'elle m'a fait beaucoup rire quand je suis tombée dessus ce matin mais n'y voyez aucune allusion, et de toutes façons, tout ceci date de début juillet.
Je trouve que ce genre de chronique, tout comme les Guignols de l'info sur canal +, a un impact assez redoutable (pour le meilleur ou pour le pire) sur l'image que l'on a de l'actualité politique et de ceux qui la font. Mais je ne boude pas mon plaisir malgré tout, car les comparaisons burlesques et les personnages que l'on fait jouer aux hommes politiques contrastent d'une manière vraiment trop irrésistible avec le sérieux et la gravité supposés de la politique.
"Si partir c'est mourir un peu, il y a mille manières de différer l'agonie. Prenez Jacques Chirac. On a beau lui répéter qu'il sera toujours président de la République même si M. de Villepin n'est plus Premier ministre, il fait le sourd et s'obstine. Plus de trois Français sur quatre enverraient bien le gaillard de Matignon en vacances prolongées, mais 100% de Jacques Chirac est d'un avis contraire. Laissez-le moi encore un peu, je n'ai pas fini de jouer avec, semble dire le chef de l'Etat. Quand l'homme a épuisé tous les plaisirs frivoles, voilà ce qui lui reste : avoir un bon copain, comme dit la chanson. Certes, M. Chirac est du genre à vous essorer le meilleur des copains, jusqu'à lui donner une forme amoindrie, comme dans ce dessin animé de Tex Avery où un gros chien réclame un nouveau "petit copain" en exhibant la triste dépouille calcinée du précédent. On lui amène alors un écureuil fou qui n'est pas sans rappeler un certain Nicolas S. La suite est pleine d'action... Pour l'instant Jacques Chirac fait comme s'il n'avait plus de rechange dans sa boîte à Premier ministre. On en devine pourtant qui prendraient bien le relais au prix de quelques sacrifices, par exemple demander gentiment à sa femme de ne plus présenter le journal télévisé. Mais le président a pour son Dominique l'orgueilleuse affection du Dr Frankenstein regardant sa créature. Tandis que les vizirs Iznogoud enragent de n'être pas encore calife, M.de Villepin, couturé de partout, est toujours qualifié.
On dira ce qu'on voudra, son parcours en impose. Après avoir éliminé la grippe aviaire en matchs de poule, et dézingué le Clemenceau à défaut de la désamianter, l'incroyable Villepin s'est offert le CPE en huitièmes de finale, Clearstream en quarts et l'inattendu François Hollande en demi - sur un penalty litigieux, mais on ne va pas refaire le match. Voici notre homme soudé comme une seule équipe, moral regonflé, usure oubliée, porté par la vague tel le Surfeur d'argent. Il est en finale. (...)"
François Gorin pour Télérama