Little Miss Sunshine
Sur le ton de l'humour et de la fantaisie (un peu déjantée), les deux réalisateurs, Jonathan Dayton et Valerie Faris mettent en scène une famille un peu... félée (du moins au premier abord), au sens propre comme au sens figuré : le couple de parents américains est d'âge moyen, dans la classe moyenne, comprenant un mari qui ne vit que pour sa méthode en neuf points "comment être un winner"; le père du mari s'est fait virer de sa maison de retraite pour s'être drogué et ne rêve que de femmes dénudées en lisant des magazines hum,hum; le fils aîné ne décroche plus un mot depuis neuf mois, car il a fait voeu de silence jusqu'à son entrée dans une grande école de pilotage et fait des dizaines de pompes entre deux chapitres de Nietzsche, dont il arbore le portrait sur son t-shirt; quant au frère de madame, il vient de faire une tentative de suicide (quelle faiblesse s'indigne le mari) après que l'étudiant dont il était amoureux est tombé amoureux de son rival, spécialiste de Proust comme lui, et que le rival enquestion a raflé tous les lauriers académiques et financiers à sa place... Voilà le tableau de départ.
La petite Olive, 7 ans, est entraînée par le grand-père pour un concours de beauté en Californie. (Il faut préciser qu'elle vraiment trop chou mais n'a pas vraiment la tête enfarinnée souvent requise pour ce genre de concours). Or pour l'y emmener, tout ce petit monde se trouve enbarqué dans le mini-car familial (celui qui est sur l'affiche du film) pour une épopée savoureuse et bien souvent hilarante.
J'y ai retrouvé la même finesse et la même sensibilité, la même gravité parfois, que dans Six Feet Under, en plus rock and roll encore, car ce film est empli d'une énergie incroyable.
C'est un des meilleurs films que j'ai vu cette année...