poème roumain

Publié le par emliochka

Daniel TURCEA (né en 1946)

"Le douanier qui peint ou le voyage"

V. Chez Rousseau

et seul tu montes de l'autre côté, tu t'assois

parmi les êtres indescriptibles qui viennent

chaque soir, et tu ne les vois pas

l'amandier allumé

rêve des prés et de quelqu'un

qui vient

vêtu de flammes

et  cueille l'âme

et l'emporte

VI. Le tigre déchirant une gazelle

(ah, les peuples près de la mer

rivage polarisé !) sous les minces feuilles

du saule

un martinet  assis

partout, l'âme

est plus belle, le sang

implorant, sous le ciel

sous les paupières de la gazelle, des tigres captifs

non, il n'y a pas d'humilité dans la fuite de l'antilope

une cape tombe

sous ses pattes tel un éclair

l'air et les langues vertes

voilà, à côté de la fibre de pourpre, presque guerrier,

dans l'ombre, dans l'amphithéâtre

comme si le bois se souvenait d'une coupole

de la Ville plus ancienne que la montagne où _

dans la sécheresse

inondatrice _ avec de l'émeraude fut marqué, au matin,

le visage de la destruction

VII

"maintenant"

a-t-il murmuré

"là-bas les nuits sont indigo" et alors

parmi les branches fleuries, comme s'il flottait, est arrivé

l'HOmme de la Douleur de Saint Domingue

la canne à sucre dans la main

tout en peignant, il était mort

il y avait

un étonnement infini dans tout ce qu'il voyait

traduit par Dumitru Tsepeneag, in Quinze poètes roumains, choisis par Dimitru Tsepeneag, ed° L'extrême contemporain

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Publié dans poésie et citations

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