La MAISON DU SOMMEIL, roman de Jonathan COE

Publié le par emliochka

Jonathan Coe est un auteur anglais contemporain (né en 1961).  Testament à l'anglaise  a reçu le prix du meilleur roman étranger, puis La Maison du sommeil, son cinquième roman, a reçu le prix Médicis en 1998.

Ce roman alterne et suit deux époques à la fois, les années 1980 et les années 1990, qu'il relie habilement d'un chapitre à l'autre, par exemple par une phrase commencée à la fin de l'un et finie au début du suivant.

A Ashdown (Angleterre), résidence universitaire, vivent 5 personnages liés par des liens amicaux :

* Sarah Tudor, qui se trouve être le centre de l'intrigue, et son petit ami au début du roman, 

* Gregory Dudden,  garçon intelligent et froid qui s'intéresse de près à la narcolepsie et aux étranges rêves, si réels qu'elle les confond parfois avec la réalité, de sa compagne.

* Viennent ensuite Robert, le nouveau, qui tombe éperdument amoureux de Sarah, alors que celle-ci entreprend une liaison épanouisante, teintée de féminisme, avec Véronica.

* Et enfin Terry, l'ami de Robert, étudiant en cinéma, toujours un peu blafard, érudit, rêvant de chefs d'oeuvre perdus et de chefs d'oeuvre à créer, dormant 14 heures par nuit pour profiter de rêves merveilleux dont sa mémoire le frustre au réveil, et que l'on retrouve plusieurs années plus tard dans la clinique privée du docteur Dudden.

En effet, Terry ne dort presque plus, si ce n'est plus du tout, pour écrire des dizaines de piges dans des magazines qui renient totalement les valeurs qu'il avait si âprement défendues dans sa jeunesse. Grégory Dudden voit en lui un cas expérimental de grande importance sur la voie de son projet scientifique : débarrasser l'humanité du fléau du sommeil. C'est dans cette clinique spécialisée dans les troubles du sommeil, qui occupe maintenant la demeure d'Ashdow, que se renoueront les fils du destin des différents personnages.

Ce roman, par cette construction originale, parvient à captiver le lecteur et à créer un suspens aussi intense que celui d'un bon roman policier, alors que ce n'en est pas un.

Il est centré sur le thème du sommeil, dont le mécanisme est d'ailleurs décrit scientifiquement et précisément. Mais il aborde aussi au passage la question du système de sécurité sociale, l'objectivité parfois cynique des scientifiques, la gestion des malades psychiatriques, les problèmes parfois très handicapants des malades du sommeil, l'homosexualité, le féminisme, etc.

Un signe particulier de cet auteur : il aime à transcrire dans leur intégralité les documents auxquels il fait allusion dans son roman, comme le poème écrit par Robert, l'article écrit par Terry, un extrait de journal, quelques phrases d'un roman, la définition d'un dictionnaire ...

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Publié dans art et littérature

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