le FEMINISME

Publié le par emliochka

J'ai découvert que l'une des leaders du mouvement des suffragettes en Angleterre au début du 20ème siècle s'appelait Emmeline Pankhurst, peut-être un patronnage ?

Le terme de féminisme semble en fait assez flou, et certains mouvements féministes sont probablement excessifs, mais ce qui est sûr, c'est que nombreuses sont les femmes qui ont lutté et luttent pour les droits, la liberté, l'égalité des femmes avec les hommes. Tout le monde dit que les femmes ont toujours joué un rôle sous jacent etc etc. Probablement, mais il n'empêche que la société est patriarcale, (et que ce modèle tend d'ailleurs à s'effilocher.) 

En Asie, il y a une sorte de génocide des filles, elles coûtent chères et ne gardent pas le nom. Du coup, de nombreux hommes sont condamnés au célibat, certaines femmes sont mariées à plusieurs hommes et parfois, de véritables trafics de femmes s'organisent...

Plus proche de nous et beaucoup moins dramatique, il est incroyable, quand on y réfléchit bien que les femmes prennent le nom de leur mari. D'accord, c'est l'usage et on se fait à l'idée  mais il est connu que nommer c'est s'approprier, posséder. Donc prendre le nom de son mari c'est clairement accepter de lui appartenir : pourquoi pas mais dans ce cas, il faut que ce soit réciproque, non ?

Les utopies socialistes accordaient souvent l'égalité aux femmes. Même Platon la donnait aux femmes de sa République idéale. Malheureusement, ces projets n'étaient qu'utopies... Aujourd'hui, il semble que la société soit pourtant sur cette voie mais que cela entraîne bien des bouleversements : la société est à réinventer.

Néanmoins, il y a toujours eu des femmes de grand talent qui ont su s'imposer et atteindre une certaine reconnaissance de ce qu'elles accomplissaient. Par exemple, au 16ème siècle, la soeur du roi François 1er, Marguerite de Navarre, mécène et poétesse (elle composa l'Heptaméron sur le modèle des dix journées du Décaméron de Boccace), ainsi que d'autres poétesses lyonnaises (Lyon étant un carrefour culturel puisque situé à la lisière de l'Italie et de la France). 

Louise Labbé (1524 - 1566), pour ne citer qu'elle, fille de cordière, eut la chance de recevoir une éducation exceptionnelle pour une femme du peuple : elle apprit le latin, l'italien, un peu de grec, la musique et demanda aux femmes de son temps : "d'élever un peu leur esprit par dessus leurs quenouilles et leurs fuseaux." Elle montait à cheval et participait à des tournois, et aurait même fait la guerre. Sur privilège exceptionnel du roi,  elle fut publiée de son vivant. Le recueil (1555) contient un texte en prose " le débat de folie et d'amour", trois élégies et 24 sonnets, et fut un succès immédiat. Cette femme libre  chantait l'amour avec beaucoup d'audace et parfois, d'espièglerie  : "le plus grand plaisir qu'il soit après l'amour, c'est d'en parler".

Le sonnet 14 est l'un de ses sonnets les plus connus et à juste titre :

"Tant que mes yeux pourront larmes épandre

A l'heur passé avec toi regretter :


Et qu'aux sanglots et soupirs résister

Pourra ma voix, et un peu faire entendre :



Tant que ma main pourra les cordes tendre

Du mignard Luth, pour tes grâces chanter :

Tant que l'esprit se voudra contenter


De ne vouloir rien fors que toi comprendre :



Je ne souhaite encore point mourir.

Mais quand mes yeux je sentirai tarir,

Ma voix cassée, et ma main impuissante,



Et mon esprit en ce mortel séjour

Ne pouvant plus montrer signe d'amante :

Prierai la mort noircir mon plus clair jour."

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Publié dans le meilleur des mondes

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